Homélies

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Fête de l’Ascension 25 mai par le Frère Robert

« Les onze disciples s’en allèrent en Galilée à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre…

Allez ! De toutes les nations faites des disciples… »

Être disciple, se mettre à son école, le suivre, mettre nos pas dans ses pas…

Chers frères et sœurs,

Un des messages que saint Matthieu nous donne en ce riche passage de l’Évangile est bien un appel à l’humilité du disciple ; plutôt que de chercher la gloire du savant ou du maître incontesté, une exhortation à être disciple, à fréquenter souvent le Seigneur, à rencontrer Jésus Sauveur.

Comment peut-on vivre cela ?

-Par le cœur à cœur quotidien avec lui qui est là tout près de nous, lui, le Vivant, avec une humble confiance.

-Par l’écoute de sa Parole pour nous imprégner de la Vie qu’elle contient.

-Par la célébration de la liturgie, comme nous le faisons, acte de tout le Corps, de tout le peuple convoqué, reconnaissant et amoureux du Père qui nous a donné son Fils.

-Être disciple : se placer et marcher dans l’ombre lumineuse du Christ avec l’immense peuple des sauvés.

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples… » Matthieu nous livre ici une autre invitation. Faire des disciples du Christ implique une annonce de l’Évangile non pour attirer à soi, mais pour orienter vers le Christ, unique Sauveur.

« De toutes les nations faites des disciples… »  

Le message de l’Évangile, le salut en Jésus Christ, n’est pas réservé à une classe particulière, à une nation unique. Le Christ, nouveau Moïse sur la montagne, révélateur des Béatitudes, le Christ, venu dans la chair, mort est ressuscité – transfiguration achevée -, source de Vie éternelle, est investi par le Père comme Seigneur du ciel et de la terre, du temps et de l’éternité : une annonce de libération et de liberté inouïe qui concerne tous les hommes de tous les temps et de toutes les cultures et de tous les âges.

En effet, la charité ne passera jamais, jamais. Et la Trinité, Amour pur, par la Présence du Christ dans l’histoire, assure désormais, malgré tout, la réconciliation, la présence définitive de l’Amour dans notre monde, notre monde est désormais ancré dans l’éternité.

Et l’annonce de Jésus-Christ n’est pas d’abord une invitation à adhérer à un programme, serait-ce un programme d’ascèse, à une idéologie, à une philosophie ; être disciple et faire des disciples du Christ en les baptisant au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit consiste à intégrer par le Christ, le cœur palpitant de l’Amour infini, participant les uns par les autres au rayonnement de l’Amour. Les lectures offertes en cette solennité dévoilent la grandeur de ce mystère que la Pâques du Seigneur a réalisé.

Vivez-vous quelques fois des doutes ? Les disciples virent Le Seigneur Jésus et se prosternèrent devant la grandeur et la beauté de l’Amour fait chair, présent devant eux… et pourtant certains eurent des doutes…

Nous sommes en chemin et le Christ nous invite à marcher – « Allez donc… » -. En marchant humblement à la suite du Christ et en témoignant de lui, nous recevrons la Paix dans la profondeur de notre personne, la joie de ciel sera présente et mystérieusement à l’oeuvre malgré les pesanteurs de la route. Nous saurons bien qu’il s’agit là d’un chemin de bonheur, car il s’agit finalement de la rencontre avec l’Amour.

Au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

 

Dimanche 21 mai par le Frère François

L’envoi de l’Esprit de Pentecôte approche et le texte de ce jour nous y prépare : « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

Si un Défenseur divin nous est donné il nous faut, l’accueillir, l’écouter, nous laisser instruire et se mettre en demeure d’accomplir ce qu’il nous demande. Sinon comment pourrions-nous connaître Dieu, par ouïe dire, par auto persuasion par autosuggestion par bourrage de crâne, bref par quelque chose venant de notre propre industrie ou du rentre dedans de quelque Évangélisateur maladroit ou bêtement narcissique comptant sur sa force de persuasion. Non ! Pierre nous dit : « Faites-le avec douceur et respect.1P3, 16 » Cela ne peut se faire que si on « honore dans nos cœurs la sainteté du Seigneur 1P3, 15 » C’est l’Esprit du Christ qui doit passer devant l’Évangélisateur.

Nous sommes compliqués nous allons chercher bien loin ce qui veille dans notre cœur et qui n’attend que notre éveil. C’est tout simple et tout dépouillant. On le trouve par une ouverture de notre cœur en recherche de vérité, si la Parole est celle du Christ vraie et amour le cœur appelant d’amour s’ouvre et alors il s’exprime dans un silence plein d’amour et nous fait aspirer à la vérité toute entière. Paul dans la lettre aux Romains nous dit : « Ne vous conformez pas au monde présent, mais renouvelez votre façon de penser, pour savoir reconnaître ce qui est bon ce qui est parfait ce qui est agréable à Dieu. » Rm12, 2

Le monde présent, celui qui était déjà dès l’Ancien Testament du reste, est un monde dans lequel l’homme s’appuie sur ses propres forces, sur ses propres calculs et stratégies qui ne sortent que très rarement des circonvolutions de son moi égotique mais qui jamais n’accepte de plonger dans le silence profond du cœur dans le lieu de l’Esprit. Celui qui s’ouvre à Dieu accueille un autre mode de penser et de pensée. C’est le mode de penser de Dieu, son état d’esprit qui est saint : l’Esprit Saint !

L’Esprit va agir en deux temps. Revenons à la première lecture des Actes des Apôtres Chez ces Samaritains la disponibilité de leur cœur, avide de vérité, accueille l’annonce de la Bonne Nouvelle. Librement leurs cœurs s’ouvrent, adhèrent et reçoivent.

En ce premier temps l’Esprit agit en suggérant une ouverture du cœur plus grande. Cela s’effectue par l’annonce de la Bonne Nouvelle, moyennant l’effacement du prédicateur qui laisse passer la Parole.

Dans un deuxième temps la personne aspire à plus d’amour Cela éveille en elle le désir de recevoir pleinement l’Esprit. Ici ces Samaritains Le reçoivent par Pierre et Jean, Apôtres de l’Église. L’Église nous donne l’Esprit dans les sacrements et en tout premier lieu dans le baptême.

La pédagogie spirituelle est celle d’une annonce respectueuse de la liberté intérieure. Elle se situe à l’inverse d’un mirage occasionné par une prédication irrespectueuse (qui ravit la liberté au lieu d’ouvrir sur la découverte folle de la joie des enfants de Dieu). Ensuite la personne devra accepter de se convertir sous la direction et l’aide puissante de l’Esprit.

Si elle accueille la puissance transformante de l’Esprit se réalisera en elle la parole du Christ : « Je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » Jn 14, 21 par ce déploiement en son cœur du même esprit que celui qui anime Jésus. Alors ayant renouvelé notre façon de penser on peut dire comme Jean de la Croix : « Je sortis dans la plaine et je ne connaissais plus rien. » Cantique spirituel A, 17. Je sortis hors du relief chaotique et complexe de ce monde, de sa manière de penser, de concevoir ; aussi je ne reconnaissais plus rien dans ce nouvel espace, où je pensais suivant le mode libre et tout amour de Dieu, ayant laissé par confiance agir l’Esprit de Dieu en moi. Ainsi, « Cela seuls qui sont mus par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. » Jn 1, 12

Il existe donc deux manières de vivre soit dans l’espace que m’offrent mes capacités naturelles et sociétales, soit en accueillant le don de Dieu, son Esprit. Soit on vit suivant les horizons de nos projections humaines, soit on vit dans l’abandon en Dieu sans limite de projection. Auquel cas, puisqu’il est Dieu, vie éternelle, notre vie présente s’ancre dans la vie éternelle déjà présente par l’accueil de l’Esprit. Sans laissez le Seigneur accomplir son œuvre d‘amour en nous, nous ne savons pas qui nous sommes, nous ne pouvons pas dépasser les limites de nos projections.

Pour le renouvellement spirituel des chrétiens afin qu’ils ne fassent pas obstacle à l’action du Christ et de son Esprit avides de communiquer la vie éternelle et de la propager par notre accueil. Prions le Seigneur

Offrons-nous pour la paix dans le monde que l’Esprit de Dieu s’étende sur tous les hommes de bonne volonté. Prions le Seigneur de répandre en abondance son Esprit.

Un frémissement de renouveau ecclésial se présente en France, offrons-nous afin que ce souffle léger se transforme en vent spirituel vivifiant pour toute l’Europe. Prions le Seigneur.

Pour nous-mêmes et pour nos communautés afin qu’elles se décentrent d’elles-mêmes pour ne plus regarder que vers le Christ dans l’écoute de son Esprit. Prions le Seigneur.

Dimanche 14 mai par le Frère Laurent-Marie

 Jésus  nous  affirme : « Je  suis  le  Chemin,  la  Vérité  et  la  Vie ! », Je  suis  le Chemin, la Vérité et la Vie !       Comment  Jésus,  Chemin,  Vérité  et  Vie  a-t-il  pu  devenir  pour  les  scribes, pour  les  pharisiens,  pour  les  prêtres  du  sanhédrin  « pierre  d’achoppement,  un rocher sur lequel on trébuche » comme nous l’affirme st Pierre dans la seconde lecture ?  C’est très instructif pour nous de l’entrevoir, afin de ne pas nous méprendre, nous illusionner dans notre vie spirituelle, dans notre vie d’union avec Dieu. Nous avons un ennemi nous affirme Jésus qui est Prince de ce monde, et qui veut devenir le prince de notre âme sans que l’on s’en rende compte. Quand les jésuites vous forment à l’accompagnement spirituel, ils l’appèlent le  sinueux,  le  fumeux  ou  encore  le  baveux.  Son  travail,  c’est  de  singer  notre union avec Dieu, prendre la place de Dieu. Les  pharisiens,  les  scribes,  le  corps  des  prêtres  du  sanhédrin  connaissaient pourtant  les  écritures,  et  ils  possédaient  la  science  des  choses  de Dieu,  ils  l’enseignaient  même,  comme  moi  aujourd’hui. Que  leur  manquait-il  donc  pour accueillir Jésus, reconnaître Jésus, Chemin, Vérité et Vie ? Notre  Mère  ste  Thérèse  d’Avila,  Mère  des  spirituels,  maîtresse  de  vie spirituelle peut nous aider à comprendre. Lorsque ses sœurs  lui demandent de  leur apprendre  à prier, d’atteindre à  la contemplation, et cela est louable et désirable ; Thérèse d’Avila les invitera aussi à s’efforcer de pratiquer les grandes vertus :  « Vous  allez  vous  demander,  mes  filles,  pourquoi  je  vous  parle  des  vertus qu’un  grand  nombre  de  livres  vous  enseignent,  alors  que  vous  ne  recherchez que  la  contemplation.  (16,3)  C’est  que,  […] le  Roi  de  Gloire  ne  viendra  point dans notre âme, il ne s’unira pas à elle, si nous ne nous efforçons d’acquérir les grandes vertus (16,6) ».        Ce  dont  Thérèse  d’Avila  veut  nous  préserver,  c’est  de  l’orgueil  spirituel, reconnaissable  par  le  fait  qu’il  y  manque  les  vertus.  « Vous  priez,  vous  devez donc  aussi vous  efforcer  de  pratiquer  les  grandes  vertus ». Lorsque  Thérèse  d’Avila  écrit  pour  ses  sœurs,  leur  donne  des  conseils,  c’est  souvent  pour  démasquer les manœuvres de l’ennemi, les garder des illusions.        De  même  la  science,  la  science  des  pharisiens, des  docteurs  de  la  loi,  sans les vertus, est une illusion, c’est l’orgueil de la science, pourtant bonne et sainte. « Vous voulez acquérir la science, efforcez-vous aussi de pratiquer les vertus ». Il y a plusieurs années, j’avais un ami qui était en religion depuis 5 ans, et il avait  remarqué  dans  sa  petite  communauté qu’un  de  ses  frères  semblait  le jalouser (Saint Matthieu nous précise dans son évangile que Pilate savait que c’était par jalousie qu’on lui avait livré Jésus), ce dernier lui envoyait des petites réflexions insidieuses, très fines, à peine perceptibles. Il restait dans le silence et se gardait  bien  d’en  avertir  ses  supérieurs,  on  l’aurait  sans  doute  accusé  d’être  en crise,  ou  d’avoir  des  problèmes  psychologiques.  Mais  quand  le  serpent  de  la jalousie est dans une âme, il faut qu’il morde plus violemment pour espérer faire sortir  cet  ami  de  son  silence…ainsi  un  jour  alors  que  l’on  venait  de  leur  offrir une  chasuble, il  s’en  réjouit,  et  il  s’entendit  dire  de  ce  frère,  docteur  en  théologie : « Qu’est ce que cela peut te faire puisque tu n’es même pas prêtre ». Thérèse  d’Avila,  femme  pratique,  au  sens  spirituel  exacerbé,  va  donc nous enseigner à pratiquer dans notre vie quotidienne, 3 vertus, pour nous garder de l’illusion,  des pièges  de  notre  ennemi  : Ne  pensez  pas,  mes  amies  et  mes  sœurs, que  je  vais  exiger  de  vous  beaucoup  de  choses  […].        Je  n’insisterai  que  sur trois  points  […]  L’un  est  de  nous  aimer  les  unes  les  autres ;  l’autre,  le  détachement de toute chose créée, l’autre, la véritable humilité, qui, bien que je la cite en dernier est la principale, et les embrasse toutes. (4,4).           Voilà  les trois  piliers de  la spiritualité thérésienne : l’humilité, l’Amour du prochain, le détachement.        Sur  l’humilité,  elle  nous  conseillera : « S’y  exercer  sérieusement  et  s’examiner  sur  ce  point  est  très  nécessaire  pour  tous  ceux  qui  s’adonnent  à  l’oraison »17,1.  St  Jean  de  la  Croix  précise  CSB  1,3 : « Ni  la  communication sublime  (toutes les saveurs intérieures que peut nous donner le  Seigneur), ni la présence  sensible,  ne  sont  un  signe  assuré  de  la  favorable  présence  de  Dieu dans  une  âme,  pas  plus  que  la  sécheresse  et  la  privation  de  toute  faveur  de  ce genre n’est un indice de son absence ». C’est à l’humilité que cela se mesure.

 C’est  à  l’humilité  que  se  mesure  notre  degré  d’union  à  Dieu,  d’intimité  avec  Lui, de son rayonnement en nous, de sa vie en nous.  Thérèse  d’Avila  nous  donnera  comme  définition  de  l’humilité : « C’est marcher dans la vérité » (Dm 6,10,7). Sainte Thérèse de  l’Enfant-Jésus désirait aussi « se nourrir que de la vérité », et elle ajoutait « Il me semble que l’humilité, c’est la vérité » ; « Oui, il me semble que je n’ai cherché que la vérité ; oui j’ai compris  l’humilité  du  cœur… ».  Elle  affirmait  encore  « Si on  ne  veut  pas  la vérité, qu’on ne vienne pas me voir ».  Un  psaume  nous  enseigne  aussi,  « Ne  tenez  pas  la  vérité  captive  de  l’injustice »,  quel  qu’en  soit  le  prix  à  payer.  Notre  Seigneur  Jésus  en  connaît  le prix : « Je ne suis né, je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité, quiconque est de la vérité écoute ma voix ». C’est parce qu’il n’a pas rendu la vérité captive de l’injustice que Jésus a été crucifié. Quand,  j’étais  séminariste,  une  religieuse,  lors  d’un  pèlerinage,  m’avait partagé une réflexion : « Agneau, oui ! Mais pas gigot ! ». Le  2ème  pilier  de  la  vie  spirituelle  est  l’amour  mutuel.  Si Thérèse  d’Avila engage ses sœurs par l’injonction : « toutes doivent s’aimer », elle nous enseigne aussi qu’il  y a des contrefaçons de  l’amour  mutuel,  l’esprit de clan ou  de partie ou copinage, de là naissent les divisions, les médisances (Philippe Néri…).  Les  pharisiens  et  docteurs  de  la  Loi  en  ont  été  les  auteurs,  Jésus,  notre Seigneur a été revêtu du  manteau de leur médisance, voire de leur calomnie : « Tu as un démon, c’est par Belzébul que tu chasses les démons… ». Guy  Béart  chantait : « Celui  qui  dit  la  vérité  doit  être  exécuté »,  la  médisance est une  forme d’exécution  insidieuse. Notre pape François a parlé des 7 péchés  capitaux  de  la  curie ;  un  Général  d’un  ordre  religieux  parlera  de  la  médisance qui tue la vie spirituelle, et la vie communautaire…c’est une tentation à laquelle  il  nous  est  bon  chacun  de  résister.  Elle  est  souvent  le  fruit,  nous  le voyons dans le cas de Jésus, de la jalousie, de la vengeance parfois, de la lâcheté, un manque de droiture et de loyauté de l’âme. Quand vous avez à faire à ces âmes,  vous  leur  rendrez  service  en  les  reprenant.  Nous  avons  tous  un  combat spirituel à mener, en être bien conscient. Il y avait un jour une réunion d’hommes d’affaires avec leur PDG à laquelle était convié ce  même ami. Il vit 4  hommes d’affaires en train de  faire  le procès de  leur  PDG afin  qu’il  ne  soit  pas  réélu  ;  comme  les  secrets  des  cœurs  ne  lui  étaient pas inconnus, il savait que d’autres qui se taisaient, se complaisaient dans leur cœur devant le procès de  leur  PDG. Un procès, pour  des choses  futiles,  un livre, du linge…quand on veut nuire à quelqu’un tous les prétextes sont bons, les mauvais prétextes.  Jésus  nous  avertit : « Si  votre  justice  ne  surpasse  celle  des scribes  et  des  pharisiens,  vous  n’entrerez  pas  dans  le  Royaume  des  Cieux ».  Quel est mon maître intérieur ? Le silence devant le Seigneur, peut nous aider à comprendre  nos  mouvements.  Mais  il  nous  faut  aussi,  pour  ne  pas  être  leurrer par  notre  ennemi,  il  nous  faut  l’amour,  il  nous  faut  l’amour  de  ce  qui est juste, bon, vrai et sain, le rechercher afin de l’appliquer pour soi et pour son prochain.       Le  3ème  pilier  de  la  vie  spirituelle  est  le  détachement  qui  est  pour  Thérèse davantage  un attachement au Christ.  Le Seigneur  Lui-même  lui a dit plus d’une fois : « Fixe  les  yeux  sur  moi  qui  ai  vécu  pauvre  et  méprisé  du  monde  » (Relation  8).  Ne  pas  rechercher  les  louanges  du  monde  qui peuvent  devenir  un attachement  mondain,  cet  esprit  mondain  de  représentation,  au  détriment  de  la vérité, au détriment de Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, et qui a vécu pauvre  et  méprisé  du  monde,  méconnu.  Charles  de  Foucauld  dira : « Jésus  a tellement pris la dernière place, que personne n’a pu la lui ravir ».        Je  conclurai  avec  notre  sœur  ste  Thérèse  de  l’Enfant-Jésus,  elle  écrivait souvent des pièces, notamment une sur Jeanne d’Arc et sa Mission : dans son récit à un moment, elle oppose les justes et les méchants, et fait parler ces derniers en  citant  le  livre  de  la  Sagesse : « Ainsi  de  nous : à  peine  nés,  nous  avons disparu, et nous n’avons à montrer aucune trace de vertu » Sg 5, 13.         Le  Seigneur  Dieu  dit au  serpent,  prince  de  ce  monde : « Je  mettrai  une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’atteindra à la tête et tu l’atteindras au talon » Gn 3,15. Nous sommes au  mois de  mai,  le  mois de la Vierge Marie…Elle nous propose une arme dans notre vie spirituelle, pour le combat spirituel, le chapelet, méditer les mystères de la vie de Jésus, contempler Jésus, norme et source de toute vertu…

Dimanche 7 mai par le Frère Bruno-Joseph

Broussey 2017 05 07 Jn 10, 01-10  Dimanche du Bon Pasteur « Moi, je suis la porte [des brebis]. »  « Je suis le bon Pasteur, le vrai berger. » Les  auditeurs,  les  pharisiens,  comprenaient très  bien,  comprenaient  très bien la portée de ces mots de pasteur, de bon pasteur, mais ne voulaient pas comprendre, ne voulaient entendre Celui ce qui leur parlait. En effet, en Israël, dans les Écritures, c’est clair,  le Vrai Berger, le Bon Pasteur,  désigne  le  Seigneur  Dieu  lui-même  et  désigne  aussi  son  Messie tant  attendu.  Le  Seigneur  Dieu,  le  bon  Pasteur,  avait  libérer  son  peuple Israël,  l’avait  fait  sortir  de son esclavage en  Égypte, l’avait guidé, conduit au désert pour faire Alliance et lui donner la Terre Promise. Une  Terre,  où  ruissellent  « le  lait  et  le  miel », don  de  Dieu  pour  le bonheur  de  l’homme :  un  vrai  paradis !…  une  Terre  comme  l’annonce du Royaume de Dieu, dès ici pour tous les hommes, pour toute l’humanité ; l’annonce  de  l’Église, l’annonce  de  la  Cité  céleste,  de  la  vie  éternelle,  pour tous, tous ensembles, auprès de Dieu. Jésus-Dieu,  par  son  Incarnation,  sa  Vie,  sa  Passion, sa  Mort,  sa  Résurrection,   a   assumé,   revécu   toute   l’histoire   de   l’homme,   pour   tout restaurer.  Sauf  le  péché,  Il  a  parcouru  tout  de  notre  existence  jusqu’à  son aboutissement parfait, dans la gloire.  En  Jésus,  Dieu  lui-même,  corporellement,  vraiment  Dieu,  vraiment homme,  vint  nous  révéler  le  mystère  véritable  de  Dieu,  le  mystère  de  son amour infini, de sa proximité infinie, Dieu Miséricorde. Désormais,  chercher  protection,  secours,  appui  en  dehors  de  Lui,  c’est suivre un autre berger…Désormais nous ne devons plus aller consulter les augures pour savoir si les dieux nous sont favorables, si les génies, si les esprits, les entités, si les énergies  nous  sont  favorables.  Croire  les  devins,  rechercher  notre  paix, notre  sécurité,  notre  vie,  notre  raison  de  vivre  chez  les voyants,  les  médiums,  les  désenvouteurs,  dans  les  cartes,  les  tables  tournantes,  les  ouija, les  passeurs  d’âmes,  les  receveurs  spirituels,  tout cela,  c’est  entrer  par  d’autres portes.

N’allons pas  vers ces bergers, ces portes…  ils conduisent au désastre. « Vous  étiez  errants  comme  des  brebis, nous  disait  saint  Pierre;  mais  à présent  vous  êtes  revenus  vers  le  berger  qui  veille  sur  vous.  »  Ne retournons pas en arrière. « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » Ne retournons pas en arrière. Le Dieu de toute miséricorde, en Jésus donnant sa vie, nous libère de l’emprise de la mort, de la prison de mon péché, de la captivité des ténèbres, de  la  peur,  peur  de  tout,  peur  de  Dieu,  peur  de  tous  les  autres.  Alors,  ne retournons pas en arrière. « Sois  le  berger  de  mes  brebis.  Pais  mes  agneaux.  »  (Jn  21,  15-16)  Le Christ Jésus a  voulu  confié son Église à des  hommes,  saint Pierre,  les  apôtres  et  leurs  successeurs  de  tous  les  temps.  Des  pasteurs  appelés à  servir dans  la  fidélité, dans  l’humilité,  dans  l’obéissance, à  servir le  peuple  de Dieu, le guider avec prudence, dans la vérité vers l’unique Pasteur.  « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » En cette Journée  mondiale de prière pour les  vocations, prions pour les jeunes  que  le  Seigneur  appelle  aujourd’hui  encore  afin  qu’ils  entendent  et répondent à cet appel  en se donnant joyeusement  à son service, au service de son Église. Prions aussi pour tous nos pasteurs, afin qu’ils demeurent de fidèles serviteurs, pleinement unis au Christ notre seul véritable Pasteur. Prions encore pour les  pasteurs qui se retrouvent  dans tous  les  lieux de vie.  Les  pasteurs  de  chaque  foyer,  époux,  épouse, les  pères,  les  mères, et tous ceux qui aiment d’un vrai amour. Ces bons pasteurs qui sont attentifs, dévoués, qui prennent soin, qui aiment ceux qui leurs sont confiés, qui sont prêt à donner de leur vie pour ceux qu’ils aiment, pour qu’ils vivent.

Dimanche 30 avril par le Frère Jean

Dimanche 23 avril par le Frère Jean-Raphaël

2e Dimanche du Temps Pascal Ac 2, 42-47 ; Ps 117 ; 1 P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31

Chers frères et sœurs, Jésus nous propose aujourd’hui une béatitude, un bonheur étrange, un bonheur qui semble trop simple : le bonheur de celui qui ne voit pas, et qui pourtant croit en Dieu. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. Quelle étrange idée. Nous, nous aimerions bien voir. Nous aimerions voir la paix que Jésus promet. Nous aimerions voir la paix dans notre pays que nous aimons, tout spécialement en ce jour d’élection. Nous aimerions bien voir une vie communautaire, familiale, conjugale, aussi simple et belle que la vie de la première communauté des chrétiens à Jérusalem. Nous aimerions voir tout de suite l’héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Mais Jésus nous dit : tout ça, tu ne le verras pas tout de suite. Jésus nous dit : tu seras heureux, dès maintenant, si tu crois sans avoir vu. Et tu seras moins heureux si tu cherches à voir. Car chers frères et sœurs, nos yeux ne sont pas encore adaptés à ce que Jésus veut nous faire voir. Ils sont adaptés aux bonnes choses du monde. Et lorsque nous voulons à tout prix voir, comprendre, expliquer, alors nous voyons, nous comprenons, nous expliquons à la mesure réelle et petite de nos capacités. En fait chers frères et sœurs, nous ressemblons un peu aux premiers elfes décrits par mon ami Tolkien. Les elfes se réveillent d’abord dans un monde qui est éclairé par les étoiles et la lune. Et ils sont très bien ainsi. Et puis vient le soleil. Alors, le monde qui leur était familier dévoile soudain une richesse insoupçonnée. Chers frères et sœurs, nous sommes un peu comme les elfes de la première nuit, qui n’ont jamais connu que les étoiles et la lune. Mais Jésus vient au milieu de nous, les elfes de la nuit, pour annoncer la lumière du soleil. Nous ne savons même pas ce qu’est cette lumière. Nous sommes absolument incapables d’imaginer ce qu’elle révèlera en nous, et autour de nous. Mais nous pouvons croire Jésus, et être heureux de ce qu’il nous dit, de ce qu’il nous révèle.

Alors, nous les elfes de la nuit, nous acceptons qu’en fait nous ne savons pas. Nous sommes des elfes de la nuit, et nous ne savons pas ce qu’est le jour. Nous ne savons pas vraiment ce qu’est aimer. Nous ne savons pas vraiment ce qu’est la résurrection. Nous ne connaissons pas le ciel qui se prépare ici, maintenant, qui commence déjà. Mais nous pouvons croire Jésus.

Chers frères et sœurs, lorsque Jésus nous dit heureux ceux qui croient sans avoir vu, nous pourrions traduire : heureux ceux qui se reconnaissent elfes de la nuit. Heureux ceux qui acceptent qu’en fait, ils ne comprennent pas grand-chose de ce qui se passe réellement dans ce monde qui prépare le ciel. Heureux ceux qui admette qu’il y a plus. Nous serions confortables et malheureux si nous prétendions tout voir, tout savoir, être en possession de tous les mystères du monde. Chers frères et sœurs, qu’il est triste de vivre sans la foi, sans cette foi qui nous dit qu’il y a plus, sans cette foi qui ouvre le ciel, qui déploie devant nous des horizons tellement démesurés que nous sommes dépassés, aveugles. Quelle immense chance, chers frères et sœurs, d’avoir entendu parler de Jésus-Christ, lui vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. Chers frères et sœurs, Jésus nous a révélé que nous sommes des elfes de la nuit, il nous a révélé qu’il y a un jour que nous ne connaissons pas, qui vient, et qui est beau. Ce cadeau gracieux, miséricordieux, nous pouvons le partager, nous pouvons vivre en nous sachant des elfes de la nuit et en disant par toute notre vie qu’il y a plus que ce que nous comprenons en ce monde. Alors nous accueillons et diffusons la miséricorde de Dieu sans prétendre la comprendre, mais en acceptant qu’elle nous dépasse. Car la foi en Dieu, cher frères et sœurs, est un droit humain. Citons sainte Faustine, pour finir : Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en Ma Miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres, à la foi en l’abîme de Ma Miséricorde. Tous les hommes ont droit à la foi en Dieu : en nous apprenant que vient un jour que nous ne connaissons pas, elle rend la vie plus grande, plus humaine.

Dimanche de Pâques, le 16 avril par le Frère Robert Hom

(Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20,1-9).

« Christ est ressuscité ! »

En cette eucharistie du matin de Pâques, nous faisons, avec plus d’intensité, mémoire des merveilles que Dieu accomplit pour nous.

« Christ est ressuscité ! »

– Christ est ressuscité pour nous – Une grande lumière a surgi du tombeau, de nos tombeaux. Notre vie est éclairée de manière surprenante et nouvelle, comme de l’intérieur.

Le Dieu de la vie a investi notre chair et notre histoire. Le Fils de Dieu a réellement et concrètement marché sur nos chemins, y semant l’espérance, l’amitié, le pardon, dévoilant le visage de son Père : un Dieu d’Amour.

Le Christ a visité la mort et y a posé sa présence.

Tout a changé.

Nos errements, nos maladresses, notre péché ont été visités et pardonnés.

Un lien de vie, l’Esprit-Saint, est désormais établi avec le Christ ; même notre mort, toute notre vie finalement, est portée par l’Amour, force de résurrection.

Mais en cette eucharistie du matin de Pâques, oublions-nous un peu, nous les rescapés de la mort, promis à la vie éternelle, et contemplons le Dieu trois fois saint, splendeur et joie infinie qui a réalisé la résurrection, contemplons la beauté de l’Amour qui resplendit dans le corps de Jésus, le Christ, notre frère, notre Sauveur, notre Dieu.

Quelle est belle cette puissance si riche et si pauvre de l’humilité des plaies du ressuscité ! C’est pour de vrai qu’il nous a aimé, qu’il nous aime, respectant tous et chacun dans une déconcertante vulnérabilité. L’amour a toujours les bras et le cœur grands ouverts. Le Christ Seigneur est toujours serviteur.

C’est bien ce que nous avons entendu dans la 1ère lecture tirée des Actes de Apôtres.

« Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction de l’Esprit-Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable. Celui qu’ils ont supprimé… Dieu l’a ressuscité le troisième jour. »

C’est bien ce Jésus ressuscité, le vivant, le vivant pour toujours que nous célébrons aujourd’hui.

 

Et par le baptême, nous participons déjà à cette grâce de résurrection. Le ciel étant venu nous visiter, nous pouvons déjà vivre la charité, l’amour, la réalité d’en-haut, refusant tout ce qui nous défigure, marchant vers la plénitude de vie avec le Seigneur. St Paul nous en parle admirablement dans sa lettre aux Colossiens.

« Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut… »

Oui, nous pouvons déjà vivre la charité. La résurrection est accomplie.

Saint Jean, dans l’évangile que nous avons entendu, nous raconte ce qui s’est passé le 1er jour de la semaine : « Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre… »

L’illumination de Pâques n’ayant pas encore fait toute son œuvre, il fait encore sombre ; nous allions, nous allons si souvent vers des tombeaux, des ténèbres, là où il n’y a pas la vie, et pourtant…

Saint Jean, en son Prologue, nous l’avait pourtant déjà bien annoncé : les ténèbres n’ont pas saisi la lumière, n’ont pas pu arrêter la lumière. Marie Madeleine s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Et à la vue des deux linges, témoins humbles et parlants de la résurrection, l’apôtre Pierre, et l’autre disciple, saint Jean, l’un dans la fulgurance de la foi reçue, l’autre, dans le déploiement de celle-ci, nous annoncent encore aujourd’hui, ainsi qu’à tout l’univers :

« Christ est ressuscité ! »

À leur suite, laissons-nous toucher par cette lumière de Pâques, que nos cœurs et notre intelligence se laissent surprendre : l’amour rédempteur est versé à profusion sur nous, en nous ; sur vous, en vous, pour qu’il déborde abondamment. Quel étonnant mystère, nous sommes déjà ressuscités, tenons fermes, partageons le pain de vie, allons vers le Seigneur !

Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et de joie !

« Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !»

P. Robert PAUL, O.C.D.

 

 

Vigile pascale, le 15 avril par le Frère Jean-Gabriel

Il faisait nuit lorsque la lumière jaillit au matin de ce monde. Lorsque les ténèbres couvraient l’abîme et que la terre, encore informe et vide, reçut de Dieu la promesse d’un Premier jour : «Que la lumière soit— et la lumière fut!»
Il faisait nuit dans le cœur d’Adam replié sur lui dans la peur et la honte de son péché, tandis que le Père, à la brise du jour, dans le jardin d’Eden, venait le visiter : «Adam, mon enfant, où es-tu?»

Il faisait nuit dans le cœur de Caïn pour le premier homicide de l’histoire humaine.
Il faisait nuit lorsque les fils d’Israël mangèrent la Pâque que leur Dieu leur avait dit de manger en toute hâte, les reins ceints, les sandales aux pieds et le bâton à la main.
Il faisait nuit lorsque les premiers-nés d’Egypte furent décimés par décision divine.
Il faisait nuit encore lorsque le Verbe se fit chair dans une pauvre étable de Judée, tout entourée des bergers et des anges célébrant la naissance de leur Sauveur.
Il faisait nuit encore lorsque Judas sortit pour livrer le Maître.
Il faisait nuit aussi lorsque Jésus, dans des sueurs d’angoisse et de sang, supplia son Père d’écarter de lui la coupe amère de la Rédemption du monde.
Il faisait nuit dans le jardin où fut arrêté Jésus par des soldats conduits par son apôtre.
Il faisait encore nuit lorsqu’il fut jugé devant le Sanhédrin, et que le Grand Prêtre le condamnait à mort pour avoir blasphémé le Nom au-dessus de tout nom.
Il faisait nuit lorsqu’on lui crachait au visage, qu’on se moquait de lui, qu’on le giflait et qu’on l’injuriait.
Il faisait toujours nuit lorsque, dans la cour du palais du Grand Prêtre, Pierre reniait l’ami et le Maître pour qui il avait pourtant juré de donner sa vie…
Il faisait nuit lorsqu’à la sixième heure du jour l’obscurité recouvrit de son ombre le crucifié du Calvaire.

Il faisait nuit lorsque Joseph d’Arimathie demanda à Pilate le corps de son Maître, pour l’ensevelir dans le linceul et le tombeau tout neuf qu’il avait préparé pour lui.
La nuit venait à peine de disparaître lorsque Marie Madeleine vint au sépulcre de Jésus et pleura de ne point trouver le corps de son bien-aimé Sauveur.

C’est que, dans la nuit précédant le premier jour de la semaine, la lumière de la résurrection avait jailli du tom- beau.
Au terme de la douloureuse Passion, voici qu’elle surgit du tombeau, illuminant toutes les ténèbres de nos vies.

C’est cette nuit sainte, frères et soeurs, que nous célébrons : le cierge pascal que nous avons allumé au début de la célébration brillera toute cette nuit; il est le signe du flambeau de notre foi en la résurrection d’entre les morts de Celui que la nuit du tombeau n’a pas pu retenir…
Il est ressuscité, frères et soeurs, il est VRAIMENT ressuscité!

Voici la nuit, que nous avons chanté dans l’Exultet de Pâques : «Nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ; nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers. Nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine, la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)…
Nuit bienheureuse, enfin, où se rejoignent le ciel et la terre, où s’unissent l’homme et Dieu.»
Oui, frères et soeurs, la nuit qui nous rassemble est «nuit de vrai bonheur!», comme nous le chantions encore. Car cette nuit donne un sens à nos vies : la mort est désormais vaincue par la résurrection d’entre les morts du Maître de la vie, le Seigneur de l’Histoire et la Vie éternelle.

A quoi servirait-il de naître sans le bonheur d’être sauvés?
Les philosophes du XXème siècle l’ont chanté sur tous les tons : la vie est absurde, et l’homme est semblable, si l’on en croit Albert Camus, à Sisyphe, ce personnage mythologique condamné à rouler une pierre en haut d’une colline, sans même s’apercevoir que sa pierre prendra la pente inverse pour redescendre au même point d’où elle était partie… telle est la condition humaine privée de l’espérance que Jésus nous donne en cette nuit sainte : oui, sans l’espérance que donne le Christ, notre vie n’a pas de sens, elle est absurde. Mais la Résurrection du Christ est là pour nous dire que notre vie a désormais un sens d’éternité. Non pour nous évader de notre vie, mais pour lui donner au contraire toute sa valeur. Le Dieu que nous avons n’est pas celui des morts, mais des vivants!
Il faisait nuit noire dans le tombeau où le Maître de la vie avait été déposé deux jours plus tôt; après la longue marche obscure de son Calvaire, après les cris de douleur de sa chair humiliée, et celui où il remît son esprit à son Père; il faisait nuit dans ce tombeau où il se lève maintenant— où, en se relevant, il relève le monde gisant au fond de l’abîme où le tenait le démon et la mort.Où il relève chacun de nous pour le rendre vivant; la mort est morte, elle est derrière nous, approchons-nous de la Lumière du Christ, Ressuscitons avec Lui, en cette nuit plus claire encore que le jour : Christ est vivant pour toujours, alleluia

Homélie Vendredi Saint par le Frère Marie-Pierre

Tout est accompli !
En cette heure, frères et sœurs, unique, l’heure de Dieu ardemment désirée depuis la chute, tout s’accomplit, se parfait du dessein divin, voulu dès avant les siècles par notre Dieu éternel.
Tous les préparatifs, cette jalouse et amoureuse poursuite des enfants perdus. Toutes paroles, tous
gestes, signes du Ciel, sont, à cet instant, récapitulés, expliqués, dévoilés en cette définitive parole de la Croix, silencieuse, parfaite.
Désormais, et pour toujours, devant nous, pour tous, Dieu est Jésus crucifié
.
Parce qu’Il est l’Amour fait chair, qui va jusqu’au bout…par-don…
Parce qu’Il est l’Amour sans limite, absolu, incompréhensible..
Parce qu’Il est l’Agneau livré, innocent et vainqueur…
Dieu est Jésus crucifié.
Tout est accompli !
Oui, pour le monde, les hommes de tous temps et de tous lieux, tout est accompli, parfait.
La Croix, dressée sur l’univers, est sommet de notre terre, du temps et de l’histoire.
« Stat crux, dumvolvitur orbis. »
Jésus crucifié attire tout àLui, inexorablement, puissamment, nuitamment.
Car le dernier mot est à l’Amour obéissant,
à l’Amour qui tue la mort homicide et fait toutes choses nouvelles.
Parce que Jésus trône sur le bois, Seigneur de gloire divine humiliée.
Parce qu’Il est le Serviteur, embrassant de ses bras écartelés l’immensité de toute souffrance et de nos pourquoi.
Parce que l’abîme de Sa miséricorde appelle, absorbe tous les abîmes de notre monde.
Tout est accompli !
Pour nous tous, pour moi enfin, en ce Golgotha, tout s’accomplit.
Jamais Jésus dans ma vie sans Sa Croix ! Jamais la croix, mes croix sans Jésus !
par pitié de Lui !
Oui, frères et sœurs, « la Croix nous fait peur… comme pour Jésus, mais avec Benoît XVI croyons-le, elle n’est pas la négation de la vie, elle n’est pas ce dont il faut se débarrasser pour être heureux.
Elle est le OUI extrême de Dieu à l’homme… la source dont jaillit la vie pleine et parfaite.»
Alors, tout est accompli, mais il me/nous reste à passer par le Golgotha, tout entier, pour aller au jardin de Vie,
à faire notre Pâque, à nous laisser sauver, goutte à goutte, racheter par le Sang de l’
Agneau innocent.
« Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimé!»

Homélie Jeudi Saint par le Frère Maximilien-Marie

Homélie 9 avril 2017 par le Frère Laurent-Marie

En communion avec toute l’Eglise.

       Nous venons d’entendre le récit de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Sa Passion est un parcours douloureux qu’Il choisit dans une liberté absolue. Dans l’évangile de st Jean, Il le dit clairement lui-même : « Je donne ma vie… Personne ne me l’enlève ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et pouvoir de la reprendre » (Jn 10, 17-18).

       Cette voie qu’il choisit est celle de l’humiliation, et du dépouillement. Cette voie, il choisit de la parcourir jusqu’au bout.

       En regardant Jésus dans sa passion, nous voyons comme dans un miroir les souffrances de l’humanité et nous trouvons la réponse divine au mystère du mal, de la douleur, et de la mort. Très souvent, nous ressentons de la douleur face au mal et aux souffrances qui nous entourent et nous nous demandons : « Pourquoi Dieu le permet-il ? ». C’est une blessure profonde pour nous de voir la souffrance et la mort, en particulier celle des innocents, des enfants ! Quand nous voyons des enfants souffrir, atteints d’une maladie ou victimes de la guerre, c’est une véritable blessure au cœur : ce mal demeure un scandale et un mystère.  Jésus, vrai Dieu et vrai homme, prend tout ce mal, toute cette souffrance sur lui. Cette semaine, cela nous fera du bien à tous de regarder le crucifix, d’embrasser les plaies de Jésus, de les embrasser sur le crucifix. Il a pris sur lui toute la souffrance humaine, il s’est revêtu de cette souffrance.

        Nous attendons que Dieu, dans sa toute puissance, vainque l’injustice, le mal, le péché et la souffrance avec une victoire divine triomphante. Dieu nous montre en revanche une victoire humble, qui humainement semble un échec. Nous pouvons dire que Dieu vainc dans l’échec ! En effet, le Fils de Dieu apparaît sur la croix comme un homme vaincu : il souffre, il est trahi, il est vilipendé et à la fin il meurt. Mais Jésus permet que le mal s’acharne sur Lui et il le prend sur lui pour le vaincre. Sa passion est un mystère déconcertant, le mystère de la grande humilité de Dieu : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16).

 

     Jésus, qui a choisi de passer par cette voie, nous appelle à le suivre sur son propre chemin d’humiliation. Lorsqu’à certains moments de la vie, nous ne trouvons aucune issue à nos difficultés, quand nous sombrons dans l’obscurité la plus épaisse, c’est le moment de notre humiliation et de notre dépouillement total, l’heure où nous expérimentons que nous sommes fragiles et pécheurs. C’est précisément alors, à ce moment, que nous ne devons pas masquer notre échec, mais nous ouvrir avec confiance à l’espérance en Dieu, comme l’a fait Jésus. Chers frères et sœurs, au cours de cette semaine sainte, cela nous fera du bien de prendre le crucifix entre les mains et de beaucoup l’embrasser et de dire : merci Jésus, merci Seigneur. Nous pouvons dire chacun : « Même si j’avais été l’unique personne au monde, Il aurait traversé sa Passion pour moi. Il l’a fait pour moi ».

       Le mal, la souffrance, la mort n’ont pas eu le dernier mot. Jésus les a traversés pour nous, et il vient nous rejoindre dans nos épreuves de la vie.  Au moment le plus sombre, Dieu intervient et ressuscite.

       Il est le Premier des Vivants. Il a brisé les portes de la mort pour nous faire entrer dans la foi et l’espérance. Il est assis à la droite du Père, Il nous attend et Il Vient.

       Je vous invite à vivre avec ferveur cette semaine sainte, dans la certitude que Dieu nous rejoint dans nos souffrances et nos épreuves.

Que la Vierge Marie, pleine de grâce, nous accompagne sur le chemin de dépouillement et d’amour de Jésus.

 

 

 

Homélie 2 avril 2017 par le Frère Marie-Pierre

5ème DIMANCHE DE CARÊME   ANNÉE A

(Ez 37, 12-14 / Ps 129 / Rm 8, 8-11 /Jn 11, 1-45)

« Foutez-vous la paix ! et commencer à vivre »

Un bouquin trouvé à la gare il y a deux jours. Suggestif et actuel. Ecoutez ça :

« Cessez d’obéir : vous êtes intelligent. Cessez d’être calme : soyez en paix. Cessez de rationaliser : laissez faire. Cessez de vous torturer : devenez votre meilleur ami. Cessez de vous comparer : soyez vous-même. Cessez de vouloir aimer : soyez bienveillant… »

Son auteur : un philosophe, expert en méditation.

Frères et sœurs, il y a mieux, il y a plus urgent et radical, il y a…

« Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Mt 11,29). Il y a cet Evangile de Lazare, « le miracle des miracles, la puissance des puissances, la merveille des merveilles » (St Pierre Chrysologue).

Il y a Jésus, Maître et Seigneur, tuant pour toujours la mort.

Le temps est court, les temps sont courts (la Fête sera vite là), alors 3 idées.

Et cet impressionnant…

« Lazare, viens dehors ! »

Mettons-nous d’abord bien d’accord : Jésus Lui-même a fait face, Il n’a pas trahi, dévié, zappé : l’unique question qui hante tout esprit humain, il y a répondu. Lui-même, tout Dieu qu’Il est, a connu  »notre sœur la mort corporelle » (st François). Il l’a traversée.

Aujourd’hui, comme Il l’a fait pour la fille de Jaïre, pour le fils de la veuve de Naïm, il ressuscite Lazare, et le rend aux siens. Le signe est là. Enorme !

Mais attention comprenons bien : point question de transhumanisme, d’un surhomme, d’une vie augmentée, améliorée. Jamais, à aucun moment, Jésus n’a promit, n’a offert une vie plus facile, sans souffrance, tranquille, en 1ère classe (cf Charles de Jésus). Plutôt le contraire. Comment se fait-il que nous revendiquions si souvent, auprès de Lui, une vie plus douce ?

Sommes-nous vraiment les disciples du Crucifié ?

Donc, cette réanimation est signe. De quoi ? 2 choses, il me semble, en qqsorte, une double résurrection. Au futur, et au présent.

« Lazare, viens dehors ! » Au futur…

Ce matin, Jésus dit (le mot est faible) : tu es promis à la Vie sans fin, au partage de Ma Lumière. Fais-moi confiance : je suis le Verbe de Vie, le Premier-né d’entre les morts.

Oui, frères et sœurs, après Lui, avec Lui, en Lui, comme Marie, nous aussi, nous ressusciterons tous.

La mort n’est que l’avant-dernier mot, le dernier est à Jésus : la mort est passage, sommeil, porte sur la vraie Vie. Bref, la mort n’est plus mortelle.

Du coup, je vis orienté, dirigé, en fonction : tout a un sens, mon avenir céleste donne cohérence. Bref, la question est : est-ce que je me prépare réellement à entrer dans la Vie ? Est-ce que ça se voit, s’entend ?

« Qui croit en moi, même s’il meurt vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais…

il verra la gloire de Dieu »

« Lazare, viens dehors ! » Au présent…

Ce n’est pas tout. Car, ce que Jésus nous offrira, en plénitude, au dernier jour, Il le donne aujourd’hui, maintenant. En germe, en figure,  »en foi ». « Pour y être (au ciel), j’y suis déjà… » confessait petite Thérèse.

Oui, crois-tu cela ? Crois-tu que en toi (bientôt dans ta bouche), habite le Vivant-Vivifiant, la Résurrection et la Vie ?

Crois-tu alors que tu peux, tout de suite, sortir de tes tombeaux ? Haine tenace, addiction de tous styles, emprise de la chair, matérialisme chronophage et idolâtrique, langue de vipère, amour désordonné de moi-même… Crois-tu vraiment que la foi te fait communier à la Vie victorieuse, que rien ne peut, aujourd’hui, te séparer de Lui ? Et il y a un sacrement pour sortir du tombeau, aujourd’hui !

« Celui qui croit, celui-là obtient la vie éternelle. Il est déjà passé de la mort à la vie… » (Jn 5,24).

Alors, frères et sœurs, avec ste Elisabeth, nous rayons le mot  »découragement » de nos dictionnaires d’amour. Maintenant, en cette Eucharistie, nous accueillons, chacun, le don inestimable de la foi, pour marcher de (Sa) victoire en (ma) victoire vers le Vivant de Pâques.

« Toi, mon enfant, viens dehors ! »

Oui, « notre victoire, c’est notre Foi » (1 Jn 5,4). Amen !

Homélie 26 mars 2017 par le Frère Laurent-Marie

Nous sommes le 4ème dimanche de carême, et nous avons entendu le récit de guérison de l’aveugle-né. Pourquoi un tel récit alors que nous nous acheminons vers la célébration de la Pâque, la célébration de la mort et de la Résurrection du Christ ?

       Il nous faut voir encore ici, il me semble, tout comme avec la Samaritaine de dimanche dernier, une pédagogie de la foi, une confirmation du « croire ».

       Cet aveugle de naissance, guéri par Jésus, rejeté par les pharisiens – les autorités de la communauté juive – cet homme, « jeté dehors » nous dit l’évangile de ce jour, est introduit par le Fils de l’homme dans le peuple de Dieu.

       Cette entrée suppose une foi initiale, en ce que fait et dit Jésus, par ses gestes, par ses paroles : « Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « va te laver à la piscine de Siloé ».

        La piscine de Siloé est réputée pour ses eaux bénéfiques, sans doute l’aveugle y a déjà été conduit par ses parents lorsqu’il était enfant, ou encore plus tard.

       Mais cette fois-ci, c’est à la seule parole de Jésus qu’il y est envoyé, et sans que Jésus l’accompagne. Sa foi est en quelque sorte livrée à elle-même, puisque Jésus disparaît au milieu de la scène. Nous pouvons bien nous reconnaître nous aussi ici en notre foi livrée à elle-même bien des fois, vacillante, interrogative…

       Mais ici elle culmine, au cœur d’un bannissement : « Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je crois en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui ».

       Elle culmine dans une confession de foi personnelle, et dans l’adoration.

        A la question initiale des pharisiens sur l’identité de Jésus : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » L’aveugle guéri répondit : « C’est un prophète. », à la fin du récit il confesse sa foi en la personne de Jésus, le Fils de l’homme, Messie Sauveur.

       Il y a une profonde analogie avec le récit de la Samaritaine de dimanche dernier, cette dernière regarda d’abord en Jésus, un juif, puis un prophète, enfin elle le confessa comme le Messie.

       Dimanche prochain, Jésus sollicitera encore la foi, la foi de Marthe, sœur de Lazare : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ».

       Les préfaces eucharistiques de dimanche dernier et d’aujourd’hui mettent aussi en relief la soif de Dieu de raviver, d’animer notre foi : « En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, Jésus faisait à cette femme le don de la foi. Il avait un si grand désir d’éveiller la foi dans son cœur… », et dans la préface d’aujourd’hui : « En prenant la condition humaine, il a guidé vers la lumière de la foi l’humanité qui s’en allait dans les ténèbres… ».

       Pourquoi donc ces textes, de dimanche en dimanche, nous parlent tant de la foi ?

Au commencement, nous avions été poussés par l’Esprit au désert avec Jésus, tenté par Satan. Nous sommes toujours appelés en ce temps de carême au jeûne, à la prière, à l’aumône (donner- pardonner), afin de nous « préparer aux fêtes pascales dans la joie d’un cœur purifié », cependant ce temps nous est révélé aussi comme un temps pour grandir dans la foi, raviver notre foi, et nous le comprenons bien.

       Nous le comprenons bien, car nous allons célébrer au terme du carême le point culminant de notre foi : la mort et la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous allons revivre, célébrés avec toute l’Eglise de tous les temps, le point central de notre foi, notre foi en la Résurrection du Christ, et par là même, notre foi aussi en sa Divinité.

       Par la foi, Jésus se révèle à nous tel qu’il a annoncé dans cet évangile : « Je suis la lumière du monde », et délicatement il nous laisse libre de cheminer, de lui répondre par l’assentiment de notre foi en sa Personne.

       Nous le voyons disparaître de la scène après la guérison, il laisse l’aveugle guéri découvrir dans sa relation avec ses voisins puis avec les pharisiens les implications de ses gestes et de sa parole : « …alors, j’ai vu ».

       La Samaritaine et lui expérimentent une illumination progressive de leur foi : « Il les a guidés vers la lumière de la foi… », comme il nous guide chacun vers la lumière de la foi, et vers l’adoration véritable.

       La foi rend en effet possible et effective l’adoration du Dieu unique, 1er commandement du décalogue : « Et il se prosterna devant lui », ces adorateurs du Père en esprit et vérité que révèle aussi Jésus à la Samaritaine qui confesse alors sa foi.

       Tous deux ont assez reçu pour confesser, pour témoigner auprès des hommes du Dieu vivant, de l’expérience de foi qu’ils ont vécue.

       C’est à cela que nous prépare le temps de carême avec son point culminant de notre foi à Pâques : nous sommes envoyés au monde entier, dans ce monde qui peut nous rejeter, pour confesser, pour témoigner que Jésus-Christ Ressuscité est le Sauveur du monde, le sauveur de nos vies.

       Chers frères et sœurs, il y aurait encore beaucoup à dire sur cet évangile, sur cet accouchement, cet engendrement dans la foi que suscite, éveille notre Seigneur Jésus-Christ en nous (voir Jn prologue 1,12). Elle est comme une perle précieuse. Notre Père saint Jean de la Croix nous enseigne qu’elle est le moyen proportionné de l’union de Dieu avec notre âme.

       A l’interrogation des voisins et d’autres personnes sur l’identité de l’aveugle de naissance guéri, ce denier répond : « C’est bien moi », le texte nous précise en grec : « Egô eimi », « Moi, Je suis » ; c’est la seule fois dans l’évangile ou cette formule n’a pas Jésus pour sujet.

       Cette formule, vous vous rappelez, est celle de la révélation du Nom de Dieu à Moïse auprès du buisson ardent, et que s’applique Jésus.

       C’est bien moi », « Egô eimi », sans être le Christ, les croyants que nous sommes parlent pourtant comme Lui. Nous avons reçu son Esprit : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Lui qui vit en moi », s’écriera saint Paul. Nous sommes en Lui et Lui en nous. C’est ce que désir ardemment réalisé Jésus en chacun de nous.

       Laissons-nous conduire sur ce chemin de foi qui nous amène à Jésus, nous unit à Jésus pour témoigner par Lui, avec Lui et en Lui qu’Il est Ressuscité, et qu’Il est la Lumière du monde, le Sauveur des hommes.